Des bâtons dans les roues de l'IEF,  Tout le reste

Le blog a 2 ans !

L’année dernière pour son 1er anniversaire j’étais toute guillerette, heureuse de vous dire que j’avais écrit près de 100 articles, que le blog avait plus de 3 800 lecteurs venant de 50 pays et la page Facebook une centaine d’abonnés.

Pour ce 2ème anniversaire, je suis contente de mon boulot, de ces heures passées à écrire pour vous, les 15 000 visiteurs (25 000 vues) cliquant depuis 113 pays. Je me dis que je ne fais pas tout ça pour rien et j’espère sincèrement que ça aide et donne des idées à des familles.

Oui mais voilà, cette année, l’anniversaire a un goût amer…
Je n’ai pas vraiment le cœur à fêter ça vu ce qui vient de nous tomber dessus.

Petit rappel des faits…

Tout a commencé le 02 octobre 2020. Ont suivi moult péripéties, les mails et appels aux députés et sénateurs, le passage de la loi à l’Assemblée Nationale puis au Sénat, la Commission Mixte Paritaire, l’article 21 qui devient le n°49, la Saisine du Conseil Constitutionnel… Le moins qu’on puisse dire c’est que les loupiots sont devenus incollables sur le parcours d’une loi ! Mais je ne vais pas remercier pour autant car ça a causé beaucoup d’anxiété dans notre famille.

Et enfin ce vendredi 13 août 2021, jour où le Conseil Constitutionnel a validé l’article 49 de la loi contre la séparatisme.

J’ai du mal à trouver mes mots.

J’oscille constamment entre sidération, colère, abattement, tristesse, incompréhension…

A partir de la rentrée 2022/2023, l’instruction en famille ne sera plus soumise à déclaration mais à autorisation. Les familles qui seront en IEF lors de l’année scolaire 2021/2022 et dont le contrôle sera positif pourront continuer sur simple déclaration jusqu’en juin 2024 puis sur autorisation à partir de l’année scolaire 2024/2025.

Pour obtenir une autorisation, il faudra être dans un de ces cas :

  • Problèmes de santé ou handicap de l’enfant,
  • Pratique d’activités sportives ou artistiques intense de l’enfant,
  • Itinérance de la famille en France,
  • Éloignement géographique d’une école publique,
  • Situation propre de l’enfant motivant le projet éducatif. Dans ce cas il faudra justifier de :
    • cette situation
    • sa capacité d’instruire son enfant
    • présenter un projet éducatif
    • instruire en français.

Ce dernier point est plus que flou et personne ne sait actuellement ce qui pourra être considéré comme une « situation propre à l’enfant ».

Depuis des années nous mettons en place notre vie avec l’IEF et alors que nous allons commencer notre 4ème année, que nous avons trouvé des solutions professionnelles, que mon organisation est bien rodée, tout s’écroule.
Oui nous avons encore 3 années d’IEF devant nous (si le prochain contrôle se passe bien..) Oui nos enfants retourneront peut-être à l’école avant. Au risque de me répéter, ils n’ont qu’un mot à dire pour aller à l’école. Nous n’avons rien contre l’école. Mais la contrainte est toute autre chose.

Grâce à ces années d’années d’IEF, nous avons vu nos enfants retrouver leur gaieté, leur joie de vivre, leur soif d’apprendre. Je ne les imagine pas aller à l’école et au collège contraints et forcés alors que ça se passe tellement bien à la maison et que nos inspections ont toujours été positives.

J’ai tant de peine pour toutes ces familles qui vont se retrouver dans la même situation que nous il y a quelques années et qui ne pourront pas essayer l’école à la maison. Ce n’est pas évident de sauter le pas, la plupart des familles ont peur. Peur de faire une erreur en enlevant leurs enfants de l’école, peur de ne pas être à la hauteur, peur du jugement. On ne sait pas combien de temps l’IEF durera, quelques mois, une année, plusieurs années ? Monter un dossier pour justifier de la nécessité de faire l’école à la maison leur semblera compliqué et certainement voué à l’échec.

Je suis tellement triste pour tous les enfants harcelés ou ceux qui ne rentrent pas dans le moule et pour qui l’école est une souffrance au quotidien. Ceux-là n’auront plus d’alternative et devront se contenter de serrer les dents.

Et ce qui m’énerve pas dessus tout, c’est que cette restriction de l’IEF soit inclus dans une loi contre le séparatisme et disons-le, contre l’islam radical. Si encore ça faisait partie d’un projet de l’Éducation Nationale, j’en aurais été toute aussi triste mais je pense que ça ne m’aurait pas autant énervé. Être soupçonnés d’endoctriner nos enfants est insupportable, inadmissible.

Je ne dis pas que ça n’existe pas mais je suis persuadée que ces cas extrêmes sont une goutte d’eau dans l’océan de l’instruction en famille. Évidemment, il faut protéger ces enfants. Mais il existe certainement d’autres moyens que de sanctionner tout le monde !

Pour rappel, les familles faisant l’école à la maison sont contrôlées tous les 2 ans par la mairie et tous les ans par l’Éducation Nationale. Les inspecteurs et conseillers pédagogiques sont autorisés à contrôler au domicile des familles de manière inopinée. Il me semble donc que l’État a déjà les moyens de repérer des enfants en souffrance.

Aujourd’hui je suis écœurée. Il n’y a rien de juste ni de logique dans tout ça.

Alors oui, ce 2ème anniversaire a un goût vraiment amer.

A tous, scolarisés, IEFeurs, Unschoolers, voyageurs, je vous souhaite une bonne rentrée
et particulièrement aux non-scolarisés, profitez bien de cette année !

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